TM TOGO MINESDirection Générale des Mines et de la Géologie

Encadrer les rejets chimiques dans les activités minières au Togo

Les activités minières peuvent mobiliser des substances nécessaires à l’extraction, au traitement et à l’entretien des équipements. Réactifs de flottation, cyanure, mercure, acides, hydrocarbures et produits de maintenance doivent être utilisés dans des conditions strictes afin de protéger les sols, les eaux, l’air, les travailleurs et les communautés voisines.

Un rejet accidentel ou mal maîtrisé peut modifier la qualité d’un cours d’eau, contaminer les sédiments, affecter les cultures et exposer les populations à des risques sanitaires. Les impacts varient selon la toxicité du produit, la quantité libérée, la durée d’exposition, la nature du terrain et la proximité des captages ou des zones habitées.

La prévention repose sur une responsabilité partagée entre les titulaires de droits miniers, les exploitants, les sous-traitants, les services de contrôle et les collectivités concernées. Elle s’inscrit dans les procédures d’autorisation, les évaluations environnementales, les plans de gestion et le suivi régulier des opérations minières au Togo.

Les principales sources de substances polluantes

Les substances chimiques peuvent être introduites à plusieurs étapes du cycle minier. L’extraction et le concassage génèrent des poussières contenant parfois des éléments métalliques. Le traitement du minerai peut nécessiter des réactifs destinés à séparer les minéraux valorisables de la gangue. Le stockage des boues, des stériles et des résidus constitue également une source potentielle de contamination.

Les hydrocarbures occupent une place particulière dans les risques liés aux mines et aux carrières. Les fuites de carburant, d’huiles hydrauliques ou de lubrifiants peuvent provenir des engins, des ateliers, des citernes et des zones de ravitaillement. Les eaux de ruissellement entraînent ensuite ces produits vers les sols ou les ouvrages de drainage.

Certains minerais peuvent aussi libérer naturellement des éléments dangereux lorsqu’ils sont exposés à l’air et à l’eau. L’oxydation des minéraux sulfurés peut provoquer un drainage minier acide, capable de mobiliser des métaux dans les eaux superficielles et souterraines. La caractérisation géochimique du gisement et des matériaux excavés doit donc précéder les travaux importants.

Les risques pour les milieux et la santé

La contamination des eaux représente un enjeu majeur, particulièrement dans les zones où les populations dépendent des rivières, des forages ou des puits. Un rejet de métaux lourds, de solvants ou de réactifs peut altérer la qualité de l’eau destinée à la consommation, à l’élevage ou à l’irrigation. La surveillance doit porter sur les eaux en amont et en aval des installations.

Les sols peuvent retenir certaines substances pendant de longues périodes. Les métaux s’accumulent dans les sédiments et peuvent être transférés vers les plantes, le bétail ou les organismes aquatiques. La poussière issue des stocks de minerai et des pistes minières peut également se déposer sur les habitations et les terres agricoles.

Les travailleurs sont exposés lors de la réception, du dosage, du transport et de l’élimination des produits chimiques. Les voies d’exposition comprennent l’inhalation, le contact cutané et l’ingestion accidentelle. Une organisation adaptée des postes, une formation régulière, des équipements de protection et des procédures d’urgence réduisent fortement ces risques.

Les exigences de prévention et de contrôle

Toute opération présentant un risque environnemental doit être précédée d’une identification des dangers et d’une évaluation des impacts. L’étude d’impact environnemental et social, lorsqu’elle est requise, doit examiner les produits utilisés, les volumes stockés, les voies de transfert et les mesures prévues en cas d’incident. Elle doit également intégrer les effets cumulatifs avec les autres activités présentes dans la zone.

Les installations de stockage doivent être conçues pour éviter les fuites et résister aux conditions locales. Les réservoirs, fûts et conteneurs doivent être étiquetés, protégés contre les chocs et placés sur des surfaces étanches avec rétention appropriée. Les produits incompatibles doivent être séparés, tandis que les fiches de données de sécurité doivent rester accessibles au personnel concerné.

Le suivi environnemental doit s’appuyer sur des indicateurs mesurables : pH, conductivité, matières en suspension, hydrocarbures, cyanure, mercure, arsenic ou autres métaux pertinents selon le minerai exploité. Les prélèvements doivent être réalisés selon des méthodes fiables, conservés correctement et analysés par des laboratoires compétents. Les résultats doivent être comparés aux normes et exigences applicables.

La gestion des incidents et des résidus

Un plan d’intervention doit préciser les responsabilités, les moyens d’alerte et les premières mesures à prendre en cas de déversement. Il faut isoler la zone, arrêter la source lorsque cela est possible sans danger, protéger les personnes et empêcher la substance d’atteindre les drains ou les cours d’eau. Les absorbants, digues temporaires, équipements de pompage et moyens de confinement doivent être disponibles à proximité des zones sensibles.

Tout incident significatif doit être signalé aux autorités compétentes dans les délais prévus par la réglementation et les autorisations délivrées. Le rapport doit présenter la nature du produit, la quantité estimée, le lieu, les causes, les personnes ou milieux exposés et les actions engagées. Une enquête doit ensuite permettre de corriger les défaillances techniques ou organisationnelles.

Les résidus miniers demandent une attention durable. Les bassins et dépôts doivent être surveillés afin de prévenir les ruptures, les débordements, l’érosion et les infiltrations. La fermeture d’une mine doit prévoir la stabilisation des ouvrages, le traitement des eaux, la sécurisation des produits restants et la remise en état progressive des espaces affectés.

La responsabilité des acteurs du secteur

Les entreprises minières et les exploitants de carrières doivent respecter les conditions de leurs permis, autorisations environnementales, plans de gestion et engagements contractuels. Elles doivent tenir des registres sur les achats, les stocks, les consommations, les transferts et l’élimination des substances dangereuses. La sous-traitance ne dispense pas le titulaire du droit minier de contrôler les pratiques réalisées sur son site.

Les administrations chargées des mines, de la géologie et de l’environnement jouent un rôle essentiel dans l’instruction des dossiers, les inspections et le contrôle du respect des obligations. La coordination entre services facilite le partage des données sur les permis, les incidents, la qualité des eaux, les inspections et les mesures correctives. Les collectivités et les communautés locales contribuent aussi à la remontée des informations concernant les nuisances ou les changements observés.

La transparence renforce la confiance autour des projets. La publication des études, rapports de suivi, résultats d’analyses, plans de réhabilitation et informations relatives aux consultations permet un meilleur contrôle citoyen. Des mécanismes de plainte accessibles doivent compléter cette démarche afin que les préoccupations soient enregistrées, examinées et traitées de manière documentée.

La maîtrise des rejets chimiques repose sur l’anticipation, la rigueur et la traçabilité. Les opérateurs sont invités à appliquer les prescriptions de leurs autorisations, à actualiser leurs plans d’urgence et à transmettre aux services compétents toute information utile sur un incident ou un risque émergent. Les citoyens, collectivités et organisations peuvent consulter les ressources officielles, signaler les situations préoccupantes et contribuer au suivi de la qualité de leur environnement.