Sécurité des exploitations minières souterraines au Togo
La sécurité dans les mines souterraines togolaises repose sur une organisation rigoureuse des travaux, une bonne connaissance du terrain et l’application constante des règles de prévention. Dans un environnement où les galeries, puits et chantiers évoluent en profondeur, la maîtrise des risques doit accompagner chaque étape, de la reconnaissance géologique à la fermeture du site.
La Direction générale des mines et de la géologie contribue à l’encadrement du secteur à travers les dispositions réglementaires, le suivi des activités, les contrôles et la diffusion de l’information technique. Les exploitants, les sous-traitants et les travailleurs ont chacun un rôle à jouer afin de préserver la vie humaine, les installations et les ressources naturelles.
Un cadre réglementaire adapté aux travaux miniers
Toute exploitation souterraine doit s’inscrire dans le cadre du Code minier togolais, des textes d’application et des prescriptions fixées par l’autorité compétente. Les autorisations, les plans d’exploitation et les documents techniques doivent présenter clairement la méthode d’extraction, les ouvrages prévus et les mesures destinées à réduire les dangers.
L’exploitant reste responsable de la mise en œuvre effective des mesures de sécurité sur son site. Cette responsabilité concerne les employés permanents, les entreprises sous-traitantes, les visiteurs et toute personne susceptible d’entrer dans la zone minière. Les procédures doivent être accessibles, comprises et régulièrement actualisées.
Les inspections permettent de vérifier la conformité des installations et des pratiques. Elles peuvent porter sur la stabilité des ouvrages, la ventilation, les équipements, la signalisation, la formation du personnel, la gestion des explosifs et la tenue des registres d’incidents.
L’évaluation des dangers avant chaque chantier
Une mine souterraine doit faire l’objet d’une analyse des risques avant l’ouverture des galeries et pendant toute la durée de l’exploitation. Les données géologiques et hydrogéologiques servent à repérer les zones fracturées, les venues d’eau, les poches de gaz, les terrains instables et les secteurs susceptibles de s’effondrer.
L’étude ne doit pas rester un document théorique. Elle doit être révisée lorsque la profondeur augmente, que la méthode d’abattage change, qu’un nouvel équipement est introduit ou qu’un incident révèle un danger non identifié. Les responsables de chantier doivent transmettre les informations aux équipes avant le début des travaux.
Les risques prioritaires comprennent généralement les chutes de blocs, les éboulements, les collisions avec des engins, les incendies, les explosions, l’exposition aux poussières et le manque d’oxygène. Une hiérarchisation claire aide à affecter les moyens nécessaires aux situations les plus graves.
La stabilité des galeries et des ouvrages
Le soutènement constitue une protection essentielle contre les mouvements du massif rocheux. Selon la nature du terrain, il peut associer bois, béton, boulons, grillages, cintres métalliques ou autres solutions techniques adaptées. Le choix doit être fondé sur les caractéristiques géologiques et sur les charges réellement supportées.
Les galeries, travers-bancs, puits et chambres d’exploitation doivent être inspectés à intervalles définis. Toute fissure, chute de blocs, déformation ou vibration inhabituelle doit être signalée immédiatement. L’accès à une zone douteuse doit être interdit jusqu’à l’évaluation et à la sécurisation du secteur.
Les travaux d’abattage et de creusement doivent respecter une séquence maîtrisée. Le nettoyage du front, l’installation du soutènement et le contrôle de la voûte réduisent les risques après le tir ou l’extraction. Aucun travailleur ne devrait pénétrer dans une zone nouvellement excavée sans vérification préalable.
La ventilation et la maîtrise de l’atmosphère
La ventilation souterraine a pour objectif d’apporter de l’air respirable et d’évacuer les fumées, poussières, gaz toxiques et émissions produites par les engins. Elle doit être conçue selon la configuration des ouvrages, la profondeur, le nombre de personnes présentes et la puissance des équipements utilisés.
Les circuits d’air doivent être entretenus afin d’éviter les fuites et les zones mal ventilées. Des contrôles atmosphériques peuvent mesurer la teneur en oxygène, les gaz dangereux, les fumées de tir et les émissions liées aux moteurs diesel. Les résultats doivent être enregistrés et communiqués aux équipes concernées.
Après un tir, un incendie ou une interruption du système de ventilation, l’accès doit rester limité jusqu’à la confirmation du retour à des conditions sûres. Les travailleurs doivent connaître les signaux d’alerte, les itinéraires d’évacuation et les règles applicables en cas de suspicion de contamination de l’air.
Les équipements, les explosifs et la circulation
Les machines utilisées sous terre doivent être adaptées aux dimensions des galeries et maintenues dans un état satisfaisant. Les freins, dispositifs de signalisation, éclairages, avertisseurs et systèmes de protection doivent être contrôlés avant l’utilisation. La séparation des voies réservées aux piétons et aux engins réduit les risques de collision.
La manipulation, le transport et le stockage des explosifs doivent être confiés à du personnel habilité, selon des procédures strictes. Les quantités, les horaires, les zones de tir et les signaux d’avertissement doivent être maîtrisés. Un périmètre d’exclusion doit être établi avant chaque opération, puis levé seulement après inspection du chantier.
Quelques règles opérationnelles doivent rester visibles dans les zones de travail :
- Porter les équipements de protection prescrits pour chaque tâche.
- Respecter les balisages, les consignes de circulation et les interdictions d’accès.
- Signaler immédiatement toute anomalie, blessure ou détérioration.
- Ne jamais modifier une installation de sécurité sans autorisation.
La préparation aux urgences et le secours
Un plan d’urgence doit prévoir les réponses aux principaux scénarios : éboulement, incendie, accident d’engin, explosion, inondation, intoxication ou perte de ventilation. Il précise les responsabilités, les moyens de communication, les points de rassemblement, les voies de sortie et les modalités d’alerte des services compétents.
Les moyens de secours doivent être adaptés à la configuration du site. Ils peuvent comprendre des trousses de premiers soins, des extincteurs, des appareils respiratoires, des moyens d’éclairage, des dispositifs de communication et des équipements d’évacuation. Leur disponibilité et leur état doivent être contrôlés régulièrement.
Des exercices permettent de vérifier si les procédures sont réellement applicables. Ils doivent associer les travailleurs, les responsables de l’exploitation et, lorsque cela est nécessaire, les services extérieurs. Chaque exercice ou incident doit donner lieu à un retour d’expérience afin de corriger les faiblesses constatées.
Les éléments à vérifier dans un dispositif d’urgence comprennent :
- La présence d’un plan affiché et compris par les équipes.
- La disponibilité des moyens de communication en profondeur.
- L’identification des personnes formées aux premiers secours.
- La coordination avec les services de santé et de sécurité.
La formation, la surveillance et l’amélioration continue
La formation à la sécurité doit commencer avant l’affectation à un poste souterrain. Elle doit porter sur les dangers du site, le port des équipements, la circulation, les travaux de tir, la ventilation, les gestes de premiers secours et les procédures d’évacuation. Une formation spécifique est nécessaire pour les conducteurs d’engins, les boutefeux, les agents de maintenance et les responsables de chantier.
Les travailleurs doivent pouvoir signaler une situation dangereuse sans craindre de sanction lorsqu’ils appliquent les règles de prévention. Les réunions de sécurité, les briefings avant poste et l’analyse des incidents favorisent une culture où l’information circule rapidement.
La surveillance de la santé doit tenir compte des expositions professionnelles, notamment aux poussières, au bruit, aux vibrations et aux fumées. Les mesures de prévention doivent également protéger les communautés voisines, les ressources en eau et les milieux naturels, conformément aux obligations environnementales et sociales applicables au projet.
La sécurité minière s’améliore lorsque les données sont conservées et exploitées : accidents, incidents évités de peu, contrôles atmosphériques, inspections du soutènement, pannes et exercices d’urgence. Ces informations aident l’administration et les opérateurs à cibler les actions correctives et à renforcer la prévention dans les exploitations souterraines du Togo.
Les exploitants, travailleurs et partenaires du secteur sont invités à consulter les textes applicables, les documents techniques, les informations réglementaires et les ressources publiées par la Direction générale des mines et de la géologie. Toute situation présentant un danger grave doit être signalée sans délai aux responsables du site et aux autorités compétentes afin qu’une réponse appropriée puisse être engagée.